
Le test est positif, l’excitation est à son comble, et soudain, une question vous traverse l’esprit : « Et mes vacances prévues le mois prochain ? »
Le premier trimestre de la grossesse est une période charnière, faite de bouleversements hormonaux intenses et d’une prise de conscience progressive. C’est souvent le moment où l’on se pose mille questions sur ce qui est autorisé ou non. La bonne nouvelle, c’est que la grossesse n’est pas une maladie. Sauf contre-indication médicale spécifique, voyager durant les trois premiers mois est tout à fait possible.
Cependant, ne nous voilons pas la face : ce ne sera probablement pas le même type de voyage que d’habitude. Entre la fatigue soudaine qui vous cloue au lit à 20h et les éventuelles nausées matinales, il va falloir adapter votre rythme. Voici comment concilier début de grossesse et envie d’évasion, sans prendre de risques inutiles.
Le feu vert médical : l’étape non négociable
Avant même de réserver vos billets ou de faire votre valise, la première étape est de consulter. Que ce soit votre gynécologue, votre sage-femme ou votre médecin traitant, un avis médical est indispensable.
L’objectif est double. D’abord, il faut s’assurer que la grossesse est bien intra-utérine et qu’il n’y a pas de décollement placentaire ou de risque imminent de fausse couche nécessitant un repos strict. Ensuite, le médecin pourra vous conseiller sur les destinations. Certaines zones géographiques sont à proscrire absolument, notamment celles touchées par le virus Zika ou le paludisme, qui peuvent avoir des conséquences graves sur le développement du fœtus, particulièrement vulnérable lors de l’organogenèse (la formation des organes) au premier trimestre.
Choisir sa destination avec intelligence
Au premier trimestre, votre système immunitaire change pour tolérer le bébé. Cela vous rend parfois plus vulnérable aux infections. Le choix de la destination doit donc être stratégique.
L’hygiène avant tout
Privilégiez les pays où les conditions sanitaires sont irréprochables. Une simple intoxication alimentaire (la fameuse « turista ») peut être très pénible en temps normal, mais elle devient préoccupante enceinte à cause du risque de déshydratation rapide. De plus, vous devez impérativement éviter la toxoplasmose (si vous n’êtes pas immunisée) et la listériose. Cela signifie : pas de crudités mal lavées, pas de viande peu cuite, et de l’eau en bouteille capsulée uniquement.
L’accès aux soins
Même si l’on part optimiste, il est rassurant de savoir qu’en cas de saignements ou de douleurs inquiétantes, vous pourrez consulter rapidement dans une structure médicale de qualité. Les zones trop reculées, les treks en haute altitude ou les déserts médicaux sont à éviter pour l’instant. L’Europe, l’Amérique du Nord ou les grandes métropoles asiatiques sont souvent des choix plus sûrs.
Quel mode de transport privilégier ?
Tous les moyens de transport ne se valent pas quand on couve un petit être (et parfois de grosses nausées).
L’avion : Contrairement aux idées reçues, prendre l’avion au premier trimestre n’augmente pas le risque de fausse couche. Les compagnies aériennes n’imposent généralement aucune restriction avant le troisième trimestre. Le principal risque est veineux. Pensez à porter des bas de contention (classe 2), à marcher régulièrement dans l’allée et à boire beaucoup d’eau.
La voiture : C’est souvent le mode de transport le plus fatigant. Les vibrations peuvent accentuer les nausées, et la position assise prolongée n’est pas idéale pour la circulation sanguine. Si vous optez pour la route, faites des pauses toutes les deux heures pour marcher et vous étirer.
Le train : C’est sans doute le meilleur compromis. Il est plus doux que la voiture, permet de se lever quand on le souhaite, offre des toilettes accessibles (un détail crucial quand l’utérus commence à peser sur la vessie !) et limite la fatigue.
Gérer les symptômes loin de la maison
Les maux de grossesse ne prennent pas de vacances. Voici quelques astuces de baroudeuse pour les gérer :
- Contre les nausées : Ayez toujours sur vous des snacks secs (biscuits, amandes) et ne restez jamais l’estomac vide. Le gingembre (en tisane ou bonbon) fait des miracles pour certaines.
- Contre la fatigue : Acceptez de ralentir. Si vous aviez l’habitude de visiter trois musées et de faire 15 km de marche par jour, divisez ce programme par deux. La sieste d’après-midi n’est pas une option, c’est une nécessité physiologique.
- Contre l’anxiété : Emportez votre dossier médical complet (dernière échographie, carte de groupe sanguin, résultats de prise de sang) avec vous, même en version numérique sur votre téléphone.
Ne pas s’isoler pendant cette période
Le premier trimestre est paradoxal : on vit des changements intenses, mais souvent dans le secret, car l’annonce officielle n’a pas encore été faite. En voyage, loin de ses proches, ce sentiment d’isolement peut parfois peser.
Il est important de rester connectée à vos besoins émotionnels. Si vous voyagez seule, ou même en couple, échanger avec d’autres femmes qui traversent la même étape peut être rassurant. Aujourd’hui, le numérique facilite grandement les choses. Il n’est pas rare d’organiser une rencontre femme enceinte via des plateformes spécialisées pour discuter symptômes, échographies et futurs projets autour d’un jus de fruit, même à l’autre bout du monde. Créer du lien social permet de dédramatiser les petits tracas du début de grossesse.
Assurances : lisez les petites lignes
C’est la partie la moins glamour, mais sans doute la plus importante. Vérifiez scrupuleusement votre assurance voyage. De nombreuses cartes bancaires ou contrats d’assurance excluent les frais liés à la grossesse, considérant qu’il ne s’agit pas d’une « maladie imprévisible ».
Assurez-vous que votre contrat couvre :
- Les frais médicaux en cas de complications de grossesse.
- Le rapatriement sanitaire si nécessaire.
Si vous voyagez en Europe, n’oubliez pas de commander votre Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) au moins deux semaines avant le départ.
Profitez de votre « Babymoon »
Malgré toutes ces précautions, gardez en tête l’essentiel : profiter. Ce voyage est peut-être le dernier que vous ferez à deux (ou en solo) avant un long moment. C’est l’occasion de vous reposer, de vous reconnecter avec votre partenaire et de commencer à rêver à cette nouvelle vie qui s’annonce. Écoutez votre corps, il sera votre meilleur guide. Si une activité ne vous « sent » pas, ne la faites pas. Soyez bienveillante avec vous-même et laissez la culpabilité à la maison. Bon voyage !




